9 choses que mes 1ers mois en freelance m’ont (déjà) appris

Je situe le contexte pour qu’on sache bien de quelle activité je parle, parce que je suppose qu’entre mon cas et un commerçant par exemple, il y aura des différences : depuis Novembre, je suis à mon compte en tant que consultante en communication. J’ai fait ce choix de vie après 5 ans passés en agences web et 13 ans passés en tant que salariée. L’idée me trottait dans la tête depuis un moment mais il fallait que le bon arrive, et le changement de ville et de situation personnelle ont été de vrais moteurs.
Je travaille donc principalement de chez moi pour le moment, et c’est sur cette base que ce billet est écrit.

Je peux travailler à mon rythme naturel quotidien, et c’est beaucoup plus efficace…

Je ne suis pas du matin, qu’on se le dise. Je peux me lever 3h ou 1h avant, j’ai toujours beaucoup de mal à me concentrer avant 9h30/10h. En revanche, je travaille très bien à partir du milieu d’après-midi, et le soir. En freelance, je n’ai de compte à rendre à personne en termes d’horaires, et je peux donc aménager ma journée comme bon me semble, en enchaînant des phases de travail dans les heures où je suis productive et en faisant des pauses ou une autre activité sur les créneaux que je sais non adaptés pour moi. Je sais que quelques entreprises commencent à appliquer ce principe à leurs employés, en ne leur imposant pas d’horaires, à condition que le travail soit fait et que ça colle avec les clients/collaborateurs. Mais je pense qu’il y a encore du chemin à faire tant le 9h/17h est ancré dans les esprits. Ce qui est dommage, c’est que chaque être humain a son propre rythme, et que je ne peux que constater le gain de productivité en adaptant mes horaires à ce que mon corps et mon cerveau demandent.

…Mais on perd vite la notion du temps

Le piège avec le fait de travailler en fonction de son horloge biologique, avec personne pour nous surveiller, c’est que sur des journées sans RDV, on a vite fait de trainer. Je me surprends parfois à sortir de la douche à 10h30 après avoir bien profité de mon petit déjeuner, où à me remettre au travail après mon déjeuner sur les coups de 16h30. Ce n’est pas dramatique dans le cas où j’ai du temps ensuite pour finir mon travail, mais quand la vie de famille commencera à m’imposer son propre rythme…Ça annonce de bons coups de bourre.

Adapter mon temps de travail, c’est plus épanouissant et pas moins productif

Au-delà des horaires, un contrat de travail a un nombre d’heures défini. Généralement, quand ce nombre est dépassé par le salarié – très souvent sans aucune heure supplémentaire payée dans mon domaine, je l’ai testé pour vous – ça ne gène pas l’employeur. En revanche, si ce nombre n’est pas effectué, même si toutes les tâches sont bien accomplies, ça fait tiquer. Sauf dans le cas des cadres, un nombre d’heures est à effectuer, et en faire moins, c’est mal digéré par celui qui paye les heures. Je me rends compte aujourd’hui, en repensant à ces dernières années, que finalement, dans tout ce temps qu’on passe au travail, on en passe aussi beaucoup à combler le temps. S’il y a des périodes particulièrement chargées où chaque minute est remplie, sur des périodes plus calmes, on meuble, et on est parfois clairement payés à boire du café. Je n’ai pas de solution à ça, mais je constate aujourd’hui que j’apprécie beaucoup d’avoir parfois des journées voire des semaines bien remplies parce que je suis sur un dossier à échéances, et parfois des journées assez creuses au niveau du boulot, sans me sentir obligée de faire des heures par principe. Cette alternance me permet, sans culpabiliser, de travailler sur d’autres projets, d’y prendre du plaisir, et de ne pas me surcharger l’esprit en permanence. Les périodes de travail intense sont toujours justifiées et la fatigue accumulée peut être réglée par la suite plus facilement que si j’étais dans l’obligation de conserver un rythme minimum de 7/8h de travail quotidien.

Et du coup mes journées sont plus variées !

En ayant la possibilité de multiplier mes activités quotidiennes, qu’elles soient professionnelles ou personnelles, mes journées sont plus diversifiées et aucune ne se ressemble. Je désapprends à avoir un train-train quotidien, et ce qui me reste de routine a du coup une saveur plus particulière, comme un point de repère nécessaire et rassurant.

En freelance, il ne faut pas avoir de phobie administrative

Je ne tomberai pas dans le « en France blablabla », parce que je n’ai jamais travaillé ou créé d’entreprise dans un autre pays. Je peux juste dire que OH MON DIEU gérer l’administratif c’est un bordel pas possible. Alors évidemment, il faut admettre que je cumule :
– Changement de département avec tous les transferts divers de caisses et de banques que ça implique
– Changement de régime de sécurité sociale et pour le fun ma carte vitale a rendu l’âme
– Mutuelle en portabilité qui nécessite de justifier chaque mois mes allocations Pôle Emploi
– Allocations partielles Pôle Emploi qui nécessitent chaque mois de justifier du chiffre d’affaire déclaré
– L’URSSAF qui m’envoient plein de courriers d’amour. Mais limite ce sont eux les plus simples !
– Pour parfaire tout ça, une petite grossesse en parallèle, avec ce que ça implique de démarches d’inscription, de déclaration, de renseignement sur les congés maternité et de tiers-payant qui donnent du fil à retordre aux caisses d’assurances qui n’ont visiblement pas l’habitude de gérer des changements de régimes et une grossesse en même temps.
Résultat : je passe actuellement au minimum 1/2 journée par semaine à remplir des papiers et à relancer par téléphone les différents interlocuteurs pour obtenir des renseignements ou des papiers qui n’arrivent pas. Délicieux !

En freelance, il ne faut pas non plus avoir de certitudes…

Moi il y a 2 mois à mon mec : « Alors tu vois, moi, le matin, pour être productive, j’ai besoin de me mettre en condition. Donc si je bosse à la maison, je dois d’abord prendre ma douche, m’habiller, me coiffer comme si j’allais en entreprise, pour me mettre dans le contexte. »

Moi la semaine dernière à mon mec, armée de mon plus beau pyjama d’hiver : « Alors tu vois, en fait, je me rends compte que certains matins, quand je suis bien motivée, il vaut mieux que je me mette au travail directement après le petit dej tant que je suis dans l’énergie, et que je remette la douche à juste avant déjeuner, pour ne pas me couper. Sinon ça retombe. »

Evidemment il se souvenait parfaitement de la discussion de 2 mois avant,et s’est bien foutu de moi. J’ai du me rendre à l’évidence : en fait, ça dépend des jours et de la motivation. En réalité, la mise en condition « comme en entreprise » est utile les jours où je traine la patte, mais les autres jours, comme tout plein de freelances qui bossent de chez eux, je réponds à mes mails et à mes coups de fils en chaussettes pilou-pilou et avec le cheveu gras.

Travailler chez soi a ses limites

Il faut l’avouer, pour travailler en pyjama, dès la fin du petit dej, c’est quand même fort pratique. Et la plupart du temps d’ailleurs, j’apprécie de rester dans cet environnement familier. Sauf que… sauf que les distractions. C’est amusant comme en travaillant de chez soi on voit constamment tout ce qu’il y a à faire d’autres que travailler. Et je ne parle pas là seulement de loisirs, mais aussi d’entretien du foyer. Avant, je m’occupais du ménage, de la vaisselle, du rangement, de la paperasse le weekend ou en rentrant chez moi le soir. Je ne voyais pas à longueur de journée les tâches à faire, et ça n’était pas du tout génant de m’y atteler une fois mon travail terminé. Là, je me retrouve souvent à culpabiliser si je décide de remettre à la fin de ma journée de travail, comme avant, les corvées diverses. La productivité s’en ressent forcément, et si je n’ai pas encore jeté mon dévolu sur une place en co-working, je vais au moins 1/2 journée par semaine travailler dans un café. Et généralement, c’est depuis ma petite tablette, avec un bon thé chaï et une part de gâteau que je suis la plus efficace de toute la semaine, sans avoir l’impression de forcer. Sauf sur les glucides.

Je suis enfin libre de mes choix professionnels…

C’est je suppose ce qui motive de nombreuses personnes à se mettre à leur compte, et oui, c’est vraiment, vraiment, vraiment plaisant. Je peux choisir les projets qui m’intéressent et ne pas donner suite à ceux qui ne m’attirent pas plus que ça, je peux choisir mes partenaires, je peux choisir mon mode opératoire réseau (par exemple, j’ai choisi l’option Shapr qui est une application génialissime, une sorte de Tinder professionnel, au détriment des soirées business bien plus fatiguantes), bref, la liberté totale. J’apprécie également de ne plus me sentir obligée de travailler jusque dans la nuit pour répondre à des projets auxquels je ne crois pas.

… Et je suis surtout responsable de ces décisions

Et de mon image en général. Je le savais, mais le sentir est autre chose. Tout ce que j’entreprends, tout ce que je choisis, tout ce que je dis a des répercutions sur ma réussite. S’il y a un problème, je suis la seule à pouvoir le résoudre et c’est sur ma réputation que ça joue.
Du coup, je commence à comprendre la pression que j’ai pu ressentir de la part de mes anciens employeurs qui tenaient à ce que, pour l’image/la santé financière/la notoriété de l’entreprise, je donne parfois beaucoup plus. Je saisis mieux aussi leur agacement à avoir, de ma part ou de mes collègues, des réponses un peu molles à ça. Je ne suis pas prête du tout à embaucher, mais je perçois désormais ce besoin du chef d’entreprise à mettre tous les moyens de son côté pour réussir, et à quel point ça pourrait être frustrant de ne pas retrouver cette envie au même niveau chez les collaborateurs.

Tous ces constats étant posés, je dois bien avouer que me mettre à mon compte est certainement l’une des décisions les plus judicieuses que j’ai prises dans ma vie : à mon âge, avec mon vécu et mes envies actuelles, c’est précisement ce qui me convient. J’en reviendrai peut-être plus tard, mais je suis convaincue que je n’aurais pu être aussi épanouie dans ma vie à ce jour si j’avais choisi de continuer en tant que salariée. Il faut croire que j’ai eu du pif.

6 réflexions sur “9 choses que mes 1ers mois en freelance m’ont (déjà) appris

  1. Daine dit :

    J’ai quitté l’entreprise où je travaillais en CDI fin décembre 2017 et comme toi, je me suis lancée dans la grande aventure du freelance (en tant que rédactrice web), en travaillant depuis la maison. Je me suis reconnue en lisant ton article, particulièrement quand tu parles de la théorie du « il faut que je me prépare avant de commencer à bosser ». Tout comme toi j’en suis revenue ahah. Pareil, je constate que je suis plus soumise à la tentation de faire autre chose que je ne le pensais… Je pense que la clef c’est de ne pas laisser filer le moment où on se sent inspirée / d’attaque. Dans ces moments-là, le plus souvent, au moment où on regarde l’heure, on se rend compte qu’on bosse à fond depuis un long moment et qu’on a pas vu le temps passer. Très sympa ton article en tout cas, merci pour le partage 🙂

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  2. dj0uli0u dit :

    Ahahaha, le passage sur les certitudes est tellement vrai !
    Ce qui est top en Freelance, c’est que tu peux t’écouter. Ce qui veut dire que si pendant une période tu as envie de travailler en pyjama, tu peux ! Si tu as envie de bosser que de 15h à minuit, tu peux ! Tout est possible dans la mesure ou ton travail est toujours impeccable 🙂

    Belle continuation à toi 🙂

    Julia
    http://www.idontthink.fr

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